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  • Red Talk : 2025, l’année de la révélation pour « Trois », le duo du rap camer !

    Red Talk : 2025, l’année de la révélation pour « Trois », le duo du rap camer !

    S’il y a un nom qui résonne sans cesse dans le paysage du Rap Camer en cette année 2025, surtout après un passage très remarqué sur le Freemoov Camer Cypher 2025, c’est bien « Trois ».
    Ce duo, signé chez 99 Cartel, est composé d’Abdel Kader et L’Otre là. Il se caractérise par un flow agressif et une écriture à la fois simple et acérée, Abdel Kader incarne la puissance du groupe, tandis que L’Otre là apporte une touche poétique et cette folie nécessaire pour que la magie opère.

    « Trois »

    Après les singles « Prince de la ville » et « Copa », sortis respectivement en 2021 et 2022, ils dévoilent en 2023 leur tout premier projet, un EP de sept titres intitulé « Marlboro ». Cet opus, incluant un featuring avec Rimick, a été très bien accueilli, notamment grâce à des titres remarqués comme « Baume François » et « Mop sur la Joue ». Le morceau phare, « Marlboro », a même fait l’objet d’un remix en 2024 avec la participation de cinq autres rappeurs de renom : Kill B Psycatra, Lifka, EAP, Manyman et B-Naï.

    NW LVL – COPA Feat TROIS

    En 2024, ils récidivent avec la même formule avec un nouvel EP de sept titres : « Jamais 203 », sorti le 27 décembre. Sur ce projet, ils ont invité en collaboration One 237 et Dumbkilla. Cet EP est porté par des titres forts comme « En Même Temps », « Le Choix » et le titre éponyme « Jamais 203 ».

    TROIS – LE CHOIX (Clip Officiel)

    L’année 2025 est clairement celle de leur exposition majeure. Après une très belle trend sur TikTok, ils ont enchaîné les succès avec d’autres titres accrocheurs comme « Bahat » et « Ça Teh ». Dans la foulée, ils ont sorti un tout nouveau EP de 7 titres, baptisé « Trojan », mis en vente sur Colorfol et rendu disponible sur toutes les plateformes de streaming depuis le 4 juillet 2025. Ce véritable concentré de rap vient consolider leur ascension dans les charts et fait d’eux une valeur sûre sur laquelle compter.
    Cette belle ascension a été influencée par des facteurs externes significatifs, tels que leur participation au Bootcamp de Jovi et un beau plébiscite lors de la session Twitch de Baloo, axée sur le Rap Camer. Ils ont même réussi à obtenir un featuring avec le rappeur Tenor, produit par S/O Le Flem (qu’on ne présente plus). Bien que ce titre ne soit pas encore disponible sur les plateformes de streaming, il est très attendu.

    Trois Officiel – BAHAT (Prod By Stormz Kill It)

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils comptent plus de six mille auditeurs mensuels sur Spotify. La vidéo de leur titre « Cheval de Trois », sortie il y a deux semaines sur YouTube, cumule déjà 21 000 vues. Autant d’indicateurs qui montrent à suffisance une évolution constante et qu’ils touchent de plus en plus de monde.

    Trois Officiel – Cheval de Trois (Prod By Abdel Kader & Nw Lvl)

    Ce groupe est à l’image du Rap Camer : résilient, rêveur tout en gardant les pieds sur terre. Ils ont su capitaliser dès la première opportunité, preuve que la chance est juste le croisement entre l’opportunité et le travail. Derrière cela, ils ont enchaîné les projets avec discipline. Au-delà de tout, c’est la qualité de leur musique qui parle et leur vent de fraîcheur. Aujourd’hui, ils jouissent d’une belle presse au Cameroun et sont en pleine préparation de leur prochain projet.

    « TROIS »

    Alors que le public camerounais démontre un engouement croissant et une « hype » palpable pour cette nouvelle vague d’artistes talentueux comme « Trois », les acteurs majeurs et établis de la scène Rap Camer ne devraient-ils pas, plus que jamais, ouvrir leurs portes et faire plus de place à ces nouvelles voix pour consolider et propulser l’ensemble du mouvement ? A vous le micro!

    By Etienix

  • Red Talk : Le coup de projecteur de Baloo sur le rap camerounais…

    Red Talk : Le coup de projecteur de Baloo sur le rap camerounais…

    Le lundi 23 juin 2025 restera une date marquante. Ce jour-là, Baloo, co-fondateur de l’émission culturelle Culture KNOCK OUT et entrepreneur influent du Hip Hop français (classé 12ème personnalité la plus influente du Rap français en 2024 par Booska-P), a décidé de consacrer l’un de ses célèbres lives Twitch au Rap Camerounais. Une initiative qui n’est pas passée inaperçue. Mais des interrogations nous taraudent l’esprit… Faut-il une validation extérieure pour connaître sa réelle valeur ? Ce live twitch est il révélateur? Quelles leçons à tirer? Que dire de l’inculture du mouvement rap de certains et de l’imposture dans ce live? A t’on suffisamment de clips? Etienix dans cette chronique a tenté de répondre.

    Baloo facebook post

    C’est par cette interrogation que Baloo a teasé son émission portant sur le spécial stream rap camerounais. Un coup de projecteur sur le rap camerounais et ses acteurs qui font tourner la machine. Mais les rappeurs qui ont tapé dans son oeil doivent ils voir sa réaction comme une validation, une confirmation, ou un quitus? C’est quoi la suite?

    Question!

    Faut-il une validation extérieure pour se rendre compte de l’or qu’on a entre les mains?

    Étonnamment, cette démarche a suscité un débat. Certaines voix se sont élevées, arguant que le Rap Camerounais n’a pas besoin de validation extérieure, qu’il doit rester la propriété exclusive des Camerounais, seuls juges et porte-parole légitimes de leur art.

    Cependant, cette position relève d’une fuite en arrière, voire d’une hypocrisie. À l’ère d’Internet, la connexion au monde est une réalité incontournable. Les partages d’artistes ou de personnalités publiques étrangères et de la diaspora, les validations par des médias extérieurs, et les collaborations internationales sont monnaie courante et souvent célébrées par les artistes, leurs équipes et les médias camerounais. À l’image des pays voisins, les acteurs du Rap Camerounais nourrissent le rêve de fouler les scènes internationales. Cette année encore, le groupe Beri Boys Club, bien que ne faisant pas de rap, a collaboré avec SLKRACK, rappeur français d’origine camerounaise.

    Beri Boys Club – On Fonctionne (Clip Officiel) Ft Orock, Djibril’zer, Hookah & Tasse

    Un Live Twitch Révélateur!

    Malgré cette légère tension initiale, le live Twitch a eu lieu aux alentours de 21h. Avec un léger retard, Baloo a tenu à apaiser les esprits en soulignant qu’il n’était « clairement pas le sauveur que certains attendent », mais qu’il souhaitait simplement prendre plaisir à découvrir et à s’exposer à la culture Hip Hop Camerounaise.

    Baloo facebook post

    L’émission a bien débuté avec la recommandation de Sojip – « Lettre à mon Ex », qui a été très bien accueillie. Par la suite, le live est parti dans tous les sens : entre internautes se présentant comme des experts sans pouvoir citer de classiques du Rap Camerounais, ceux qui proposaient des titres n’ayant rien à voir avec le genre, et ceux cherchant à placer leurs propres sons ou ceux de leurs proches.
    L’intervention de Fidjil a heureusement relevé le niveau. Il a pu proposer à Baloo de véritables classiques du Rap Camerounais, de Killamel à Stanley Enow, en passant par 20 Cent. Baloo a ensuite souhaité écouter la nouvelle vague du Rap Camerounais, enchaînant les titres de Trois Officiel, Lifka, Le Talentt, Le Mauvais BB, et Az Prn. Fidjil a tenté d’introduire la scène anglophone, mais a malheureusement été coupé par l’hôte du jour, désireux de donner la parole à d’autres intervenants. Jovi a très souvent été au centre des propositions des internautes, suivi de Tenor, et d’autres artistes ont également pu être présentés au terme de ce live.

    Jovi – Zélé (Directed by Ndukong)

    Des Leçons à Tirer

    Au-delà de l’euphorie d’être passé sur la plateforme de Baloo, il est essentiel de tirer des enseignements de cet événement à savoir:

    -L’inculture du mouvement Rap de beaucoup!

    Un des enseignements majeurs est l’inculture d’une partie de ceux qui suivent le mouvement Rap. Beaucoup ne savent malheureusement plus ce qu’est le Rap, et un grand nombre ne connaissent pas l’histoire du Rap Camerounais.

    -L’Imposture en Ligne

    Une autre leçon est l’imposture qui règne dans le secteur du Rap. Les réseaux sociaux ont donné à chacun la possibilité de donner son avis et de participer à tout. Cependant, il est crucial de connaître son rôle et de jouer sa partition, car l’amalgame tend à desservir la culture en général et le mouvement en particulier.

    -Le Manque de Clips

    Très peu de rappeurs proposent des clips, ce sont pratiquement toujours les mêmes qui produisent des visuels. De ce fait, les options de proposition sont limitées car si la musique s’écoute, les vidéos marquent les esprits et élèvent l’audio à un autre niveau.

    -Une Communauté Divisée

    La communauté Rap est malheureusement très divisée. Chaque fan ne porte d’attention qu’à l’artiste qu’il écoute, dénigrant le reste. Pourtant, un véritable auditeur de Rap se doit d’être respectueux des différentes formes de Rap et des autres rappeurs.

    -Le Manque de Respect

    Le public a une facilité déconcertante à remettre tout en question, simplement parce qu’il n’est pas satisfait ou n’a pas les éléments nécessaires pour apprécier une situation. C’est un manque de respect flagrant pour ceux qui agissent et pour ceux qui ont bâti la scène avant eux.
    Il est primordial que les acteurs et la communauté Rap Camerounais adoptent une vision globale et mettent les individualités de côté. Au final, c’est l’image du Cameroun que l’on retient.
    Néanmoins, malgré les défis, il est bon de souligner les indicateurs positifs : une jeunesse talentueuse qui osé et les opportunités, aussi minimes soient-elles qui se multiplient, contribuant activement à faire grandir le mouvement.

    Enfin, il est primordial que les acteurs et la communauté Rap individualités de côté, car au final, c’est l’image du Cameroun que l’on retient.

    À la fin de son live Twitch, Baloo a tenu à préciser que cette initiative ne s’arrêterait pas sur les réseaux. Il a donné rendez-vous aux acteurs de la culture Hip Hop Camerounaise sur le terrain en septembre. Comme quoi, chaque opportunité se doit d’être appréciée à sa juste valeur, car elle peut être le début d’une longue et fructueuse collaboration. Ce sera sa deuxième fois en terre camerounaise.

    Mais avant, pensez-vous que les acteurs et la communauté Hip Hop Camer peuvent prendre conscience ? Si oui cette prise de conscience mènera t-elle à des changements positifs pour le Rap Camerounais ? Aussi, comme Baloo l’a demandé quel est le BANGER du rap kamer du moment?

    By Etienix

  • Lè Niouz : « SHEVOLUTION », l’EP éblouissant de MIMIE.

    Lè Niouz : « SHEVOLUTION », l’EP éblouissant de MIMIE.

    Mimie a récemment dévoilé son nouvel EP intitulé « Shevolution », composé de huit titres. Un opus prometteur qui met aussi en avant des collaborations de haute facture avec des artistes tels que Phillbill, Tenor, Kocee et Djess Panebo, ajoutant une touche diversifiée à son répertoire. On vous raconte!

    MIMIE by The bridge studio

    La soirée de lancement a eu lieu à l’hôtel Onomo à Bonanjo dans une ambiance chaleureuse et conviviale, où une listening party a rassemblé un public trié sur le volet. Les invités ont pu découvrir en avant-première les morceaux de l’EP tout en partageant des moments de convivialité et de bonne humeur. L’événement a été suivi d’une conférence de presse, où Mimie a exprimé sa passion pour la musique et l’importance de son projet.

    LA TRACK LIST : Du coton tige pour les tympans

    Shevolution Tracklist

    « Sherevolutions »est une véritable déclaration artistique. Composé de 8 titres puissants, il propose une exploration profonde des émotions et des luttes féminines.

    1. Dedans (3:03) : Un hymne célébrant les femmes fortes et indépendantes, équilibrant force, amour et responsabilité.
    2. Dilemme ft PaneBo (2:50) : Une réflexion sur le choix entre sentiments personnels et nécessité financière, questionnant les priorités modernes.
    3. Eya (3:05) : Un morceau poignant sur la perte et la résilience d’une femme face à l’amour.
    4. Mon Ex ft Kocee (2:48) : Une lettre nostalgique à un ancien partenaire, mettant en lumière la valeur des relations passées.
    5. Good Vibes (2:50) : Un morceau feel-good apportant lumière et bonheur après des moments difficiles.
    6. Fifty Fifty ft Tenor (2:52) : Une collaboration explorant les complexités de l’amour dans une dynamique de don et de réception.
    7. Yaweh (3:09) : Un moment spirituel où Mimie s’adresse à Dieu avec foi et vulnérabilité.
    8. 237 Mood ft Phillbill : Une célébration vibrante de la culture camerounaise, incarnant la joie sans artifice.

    Un chef d’oeuvre dont la fiche technique parle d’elle même avec des prods 1,2,3,7,8 by SHABA MUZIK de PHILLBILL, les prods 5,4 by OKEN, et la prod 6 by DJESS PANEBO aka l’OMNI (Objet Musical Non Identifié). MIX & MASTER by SHABA MUZIK de PHILLBILL,EX PROD by MIMIE NATION REC, DIECTION ARTISTIQUE by PHILLBILL, DIRECTEUR CREA by MARVIN BOSI, COVER ART by AO

    À travers ces titres, Mimie se dévoile sans artifice, abordant des thèmes universels tels que la lutte, l’amour, et la résilience. « Shevolutions » n’est pas qu’un simple titre, mais un concept qui incarne le changement et l’évolution des femmes. Ce projet est une affirmation de soi, à la fois musicale et humaine. Pour mes coups de coeur, je vous recommande les tracks 2,4,6 pour mon côté hiphop. Retrouvez « Shevolution » ici

    Shevolution cover

    L’énergie était palpable avec des échanges animés et des réactions enthousiastes de la part des invités. «Shevolution » ne se contente pas de célébrer la musique, mais incarne également un véritable mouvement d’émancipation et de célébration de la féminité à travers l’art.

    TENOR & MIMIE by The bridge studio

    Avec cet EP, Mimie s’affirme davantage comme une figure incontournable de la scène musicale camerounaise et continue de faire rayonner son talent au-delà des frontières. Les fans peuvent s’attendre à des mélodies entraînantes et à des paroles inspirantes qui résonnent avec l’âme et l’esprit de la jeunesse actuelle. Bonne écoute!

    Credit photos: The bridge studio

  • Red Talk: La Tropicalisation du Rap au Cameroun, et si c’était la solution? Et si c’était la formule magique tant recherchée?

    Red Talk: La Tropicalisation du Rap au Cameroun, et si c’était la solution? Et si c’était la formule magique tant recherchée?

    Dans un monde musical en constante évolution, le terme « tropicaliser » s’est imposé comme une nécessité pour les artistes cherchant à s’approprier des genres tout en y intégrant des éléments culturels locaux. Au Cameroun, cette démarche peine à fonctionner ou même à être validée, sinon elle marche peut être mais très peu assumée et fait l’objet de vives critiques surtout de certains puristes du rap camerounais. Et si , ce genre souvent perçu comme étranger, trouvait aujourd’hui sa place au cœur des rythmes comme le mbolé ou le bikutsi etc…? Avez vous déjà imaginé une DRILL-MBOLE ou une DRILL-BIKUTSI ou d’autres fusions de ce genre avec des rythmes patrimoniaux du terroir? J’ai réfléchi à haute voix et voici ce que je pense

    Tropicalisation

    PRETEXTE!

    Le 28 mai 2025, SHAPAT bouscule les attentes en lâchant « Tous les jours », un morceau à contre-courant de son style habituel. Plutôt que de rester dans son registre rap pur, il ose l’aventure du mbolé en compagnie de MINKS, un autre artiste habitué aux prises de risques musicales. Une audace qui ne passe pas inaperçue : les réactions sont vives, souvent réticentes, dénonçant une prétendue « trahison » de son ADN rap. À tel point qu’il doit se prêter à un live TikTok pour justifier son choix.

    Mais pendant que la controverse enfle, le morceau fait son chemin. TikTok s’enflamme, les challenges explosent, la chanson « trend »et les vues s’envolent sur YouTube et les plateformes de streaming. Dans la rue, l’énergie du titre conquiert petitement les foules, chacun se laisse entraîner par le rythme. Moi, puriste du rap, face à cette effervescence, j’ai mis de côté mes réflexes émotionnels et me suis posé une question simple : et si c’était ça, la formule magique tant recherchée?

    Shapat Ft. @minksofficiel5855 – Tous les jours (Clip officiel)

    Tropicaliser le rap

    Tropicaliser le rap signifie adapter ce genre musical aux spécificités culturelles, linguistiques et musicales des régions tropicales, notamment en Afrique. Cela implique d’incorporer des éléments locaux, tels que :

    • Des rythmes et des instruments traditionnels
    • Des langues et des dialectes locaux
    • Des thèmes et des références culturelles spécifiques à la région

    Le rap ivoire qui est en plein essor de nos jours est un exemple de genre musical ivoirien qui a réussi à fusionner des éléments traditionnels avec des influences modernes. Tropicaliser le rap pourrait signifier :

    • Intégrer des rythmes et des instruments africains dans les productions rap
    • Utiliser des langues locales dans les paroles
    • Aborder des thèmes et des problématiques spécifiques à la région
    • Créer un style unique qui reflète l’identité culturelle tropicale

    L’objectif est de rendre le rap plus accessible, plus digeste et plus représentatif de la culture tropicale, tout en conservant son essence et son énergie. L’une des parfaites illustrations est celle du rappeur ivoirien HIMRA avec son titre « YOROBO DRILL ACTE 3 » , un savant mélange de drill et de coupé décalé, une ref à DJ ARAFAT qui totalise 17M de vues sur youtube à date.

    HIMRA – YOROBO DRILL ACTE 3 (Clip Officiel)

    La tropicalisation du rap camerounais

    La tropicalisation du rap camerounais s’inscrit dans un mouvement plus large, où les artistes cherchent à créer une fusion entre des sonorités contemporaines et des rythmes autochtones, mais n’assument pas ou ne les assume pas. Ce processus ne se limite pas à une simple adaptation, mais constitue une véritable réinvention. Des artistes comme Kocee, Tenor, Minks, Maahlox, SADRACK, KROTAL ou encore JOVI ont brillamment illustré cette tendance, en intégrant des éléments soit du mbolé , du makossa, du KPALUM, l’ASSIKO ou du bikutsi dans leurs productions. Le succès de ces artistes témoigne de l’attractivité d’une telle approche, permettant non seulement de séduire un public jeune, mais aussi de raviver l’intérêt pour des rythmes traditionnels souvent délaissés.

    jovi – CASH « Mets l’argent à terre » (Directed by Ndukong)

    Prenons aussi l’exemple de Kocee, dont le titre « deux oeufs spaghettis » mêle habilement rap et mbolé, créant ainsi une ambiance dansante qui a conquis les foules. Tenor, quant à lui, a su capitaliser sur le bikutsi, en intégrant des sonorités percutantes qui résonnent avec l’identité camerounaise. Ces artistes démontrent que la tropicalisation n’est pas qu’une mode passagère, mais un véritable vecteur d’innovation et de renouveau.

    Ko-c – Deux Œufs Spaghetti [Official Video]

    À l’international, la Côte d’Ivoire a su transformer son rap en un genre singulier, le rap ivoire, en y intégrant des éléments de la musique populaire locale. Cette démarche a permis de créer une identité forte et reconnaissable, contribuant à la popularité fulgurante de ce style au-delà des frontières. De même, le hit makossa des années 2000, bien que critiqué à sa sortie, a fini par s’imposer grâce à son caractère distinctif et à son impact sur la scène musicale.

    A nous la vie KROTAL feat Danielle Eog YouTube

    MAIS LES PURISTES NE VOIENT PAS CA DE CET OEIL!!

    La tropicalisation du rap camerounais ne va pas sans susciter des réticences. Les puristes, attachés à une certaine idée du rap, voient d’un mauvais œil cette hybridation. Pour eux, la fusion des genres pourrait diluer l’essence même de ce qui fait le rap : la parole engagée, la critique sociale et l’authenticité. Ils craignent que l’intégration de rythmes populaires ne mène à une commercialisation excessive, au détriment de la profondeur du message.

    ON N’EST PAS DES PROSTITUÉES – Kolonel Perfekt x Immortah x Killamel x Mystère B x Shareem

    Pourtant, les limites de cette réticence sont mises à l’épreuve par le succès croissant des artistes qui osent s’exprimer à travers des fusions audacieuses. Que dirait-on d’une combinaison de drill et de mbolé, ou même de drill et de bikutsi ? Ou je ne sais quoi d’autres? Ces mélanges pourraient non seulement raviver l’intérêt pour le rap, mais également offrir une nouvelle plateforme d’expression pour les jeunes générations, tout en célébrant la richesse des cultures camerounaises.

    Je pense que la tropicalisation du rap au Cameroun représente une opportunité inédite de réinventer le genre. Si elle est soigneusement orchestrée, cette fusion des influences pourrait bien être la formule magique permettant au rap camerounais de toucher à nouveau les cimes des cieux. L’avenir nous dira si cette voie sera celle de l’acceptation ou de la résistance, mais une chose est certaine : la musique, tout comme les cultures qu’elle représente, est en perpétuelle évolution.

    Qu’en pensez vous?

    COUV by AO

  • RED TALK : Shapat & son concert à 5 000 FCFA à l’IFC de Douala : pari risqué ou coup de maître ?

    RED TALK : Shapat & son concert à 5 000 FCFA à l’IFC de Douala : pari risqué ou coup de maître ?

    Fort du lancement de son nouveau titre percutant, « All Eyez On Me » – un clin d’œil assumé au légendaire album de Tupac Shakur.

    2Pac – All Eyez On Me

    le rappeur Shapat annonce son tout premier concert live à l’Institut Français du Cameroun de Douala, prévu pour le 17 mai prochain au prix de 5 000 FCFA.

    Shapat – All Eyez On Me (Clip Officiel)

    À travers ce morceau engagé, l’artiste prend position sur plusieurs clivages qui animent la scène rap camerounaise, entre :

    • la traditionnelle opposition entre l’ancienne et la nouvelle génération
    • le débat entre rap et chant.
    • l’immigration.
    • l’importance de l’originalité dans le rap, et la nécessité d’explorer des alternatives musicales.

    Cependant, au-delà de ces réflexions, « All Eyez On Me » distille aussi des critiques acerbes. Shapat fustige notamment un environnement camerounais où la validation du talent semble dictée par les tendances TikTok, dénonce les acteurs du rap local qui entravent le travail des artistes, et adresse une pique directe à Tenor, en écho à une publication du média en ligne UrbanBridge sur X qui d’ailleurs en parle.

    URBAN BRIDGE facebook post
    URBAN BRIDGE facebook post

    ON S’INTERROGE?

    Face à ces provocations, des questions se posent :

    • S’agit-il d’une simple stratégie de communication pour générer le buzz autour de son événement ?
    • Ou alors ce titre est-il l’expression sincère d’un ressenti profond sur l’état actuel de la musique ?

    L’artiste lui-même conclut le morceau en parlant d’une « invitation », laissant planer le doute.
    D’autres interrogations émergent :

    • les paroles de Shapat, « on n’a pas les mêmes shows, on n’a pas les mêmes IFC », visent-elles Lifka, dernier rappeur à s’être produit en live à l’IFC de Yaoundé le 6 février dernier ? D’autant plus que le concert de Lifka était gratuit, contrairement au sien qui est payant.
    • Serait-ce une manière pour Shapat d’affirmer sa supériorité, ou un défi personnel pour prouver que son public est prêt à faire le déplacement et à payer 5 000 FCFA pour assister à son spectacle à l’IFC?
    Affiche concert Shappat IFC

    Par ailleurs, il convient de noter que le même jour, le Beri Boys Club, dont la popularité n’a cessé de croître depuis un démarrage prometteur fin 2024, se produira également en concert au Lycée Polyvalent de Bonabéri.

    Beri Boys Club affiche concert

    Cette confrontation de styles offrira un éclairage intéressant sur les habitudes de consommation des différents publics et la capacité de mobilisation de ces deux entités artistiques aux dynamiques distinctes. Réussite éclatante ou flop retentissant ? D’ailleurs chez qui irez vous? Réponse le 17 mai prochain.

    By ETIENIX!

    A lire aussi:

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    RED TALK : Serait-ce la fin de la NEW GÉNÉ?

  • INBOX – GERVAIS NGONGANG (édition Montréal) Part 2

    INBOX – GERVAIS NGONGANG (édition Montréal) Part 2

    Gervais Ngongang, né le 6 novembre 1989, est un entrepreneur culturel, producteur et manager camerounais. À la tête du prestigieux label Big Dreams Entertainment, il a su s’imposer dans l’industrie musicale en collaborant avec des artistes renommés tels que Sojip, Locko, Sandrine Nnanga et Ko-c. En 2014, il fonde Big Dreams Entertainment avec Kevin Ketchanga, se spécialisant dans la communication, le management, la production et le booking. Son parcours ne s’arrête pas là. Entre novembre 2020 et août 2021, il occupe le poste de Directeur Général de Keyzit Cameroun, une maison de disques influente, tout en dirigeant Universal Music Africa pendant neuf mois. Grâce à son leadership et à sa vision, Gervais a su établir sa réputation et gagner le respect de ses pairs et de ses fans. Un véritable pilier de l’événementiel, il continue d’impacter le paysage musical africain avec passion et détermination. Actuellement basé à Montréal, nous sommes allés à sa rencontre pour un entretien exclusif dans la box. Gervais Ngongang, patron du label Big Dream est dans la box Part 2

  • RED TALK : Rap Kamer en 2025, jusqu’où les clashes?

    RED TALK : Rap Kamer en 2025, jusqu’où les clashes?

    Le rap camerounais, en ce début d’année 2025, semble se débattre dans une mer de tensions et de rivalités. Un environnement où la créativité est étouffée et où les artistes peinent à se faire entendre. Pourtant, au milieu de cette agonie, un phénomène émerge : les clashes. Faut-il y voir un réveil de la scène ou simplement un cri de désespoir ?

    Xzafrane facebook post

    À la fin de l’année précédente, le constat était amer : aucun rappeur camerounais n’avait trouvé sa place lors du concert de Niska, un événement qui aurait dû peut être être un tremplin pour la scène locale. Ce vide a engendré des frustrations palpables, et les clashes semblent être devenus le moyen d’expression privilégié des artistes.

    Tenor, par exemple, est violemment attaqué par ses pairs (RETLAW & ENJR).

    Et ne reste pas de marbre, car répondant coup pour coup!!

    Quant à Kocee, il n’hésite pas à s’en prendre à Wax Dey dans le cadre du remix de « Viviane ». Ce dernier va même jusqu’à sortir un disstrack visant l’ensemble du rap camerounais, tout en annonçant un concert à Canal Olympia en mars 2025, malgré ses précédentes déclarations sur sa volonté de ne plus être taxé de rappeur il ya quelques années.

    « Chicotter » Kocee disstrack
    LIVE CONCERT VISUEL

    Ivee, en réponse à la sortie controversée de Kocee, ne se fait pas prier pour riposter avec son propre disstrack.

    Cette dynamique soulève des questions essentielles : quel est le rôle du clash dans cette scène musicale désorganisée ? Est-ce simplement une distraction, un moyen de faire parler de soi, ou peut-il avoir un impact réel sur la structure du mouvement ? Les clashes peuvent certes générer du buzz, mais apportent-ils véritablement une valeur ajoutée au rap camerounais ? Ce type de rivalité crée une sorte d’effervescence, mais est-ce suffisant pour revitaliser le rap camerounais ? Peut-on réellement penser que ces conflits peuvent engendrer un changement positif ou une nouvelle direction pour le mouvement ? Je m’interroge comme dirait un contemporain…

    À court terme, ces clashes peuvent sembler rentables, offrant une visibilité immédiate et une opportunité de remplir les salles de concert. Cependant, à long terme, cela pourrait se révéler être un feu de paille si aucun véritable travail artistique n’en découle. La question se pose alors : ces affrontements sont-ils un véritable moteur de l’évolution du rap camerounais ou simplement une distraction qui finit par noyer les voix réellement innovantes ? Le défi reste immense. Pour que le rap camerounais puisse sortir de l’ombre, il doit aller au-delà des clashes et retrouver une substance artistique qui lui permettra de se réinventer, même si le clash est une discipline du hip-hop. Les artistes doivent s’unir pour bâtir un mouvement structuré et cohérent, où les rivalités ne seraient qu’un moyen d’atteindre une meilleure expression artistique, plutôt qu’un simple spectacle.

    Jusqu’où les clashes ? Peut-être que la réponse réside dans la capacité des artistes à transformer ces conflits en opportunités de collaboration et de créativité, afin de faire bouger les choses dans un paysage musical en quête de renouveau. Les clashes peuvent être un point de départ, mais ils ne doivent pas être la destination. Qu’en pensez vous?

    credits photos: URBANBRIDGE

  • RED TALK : « Seul contre tous… »

    RED TALK : « Seul contre tous… »

    Dans ce tumulte de la scène musicale urbaine, TENOR se retrouve en proie à des tempêtes professionnelles qui fusent de partout et ce simultanément. Loin et près des feux de la rampe en meme temps, il affronte une réalité implacable depuis le début de cette année 2025 : son manager Taphis, autrefois un allié précieux, a décidé de prendre un chemin différent, répondant à ceux qui pensent qu’il n’est plus à la hauteur d’un artiste comme TENOR, questionnant son rôle et son bilan pendant 10 ans de management de son artiste qui baigne dans la routine. Cette séparation est plus qu’un simple changement, c’est un coup dur (je pense) qui remet en question la direction artistique de son ancien poulain TÉNOR et surtout l’avenir de sa carrière.

    Communiqué de Presse Taphis

    Mais le calvaire ne s’arrête pas là. Les rivalités dans le milieu du rap se ravivent, et des confrères, armés de leurs mots aiguisés, n’hésitent pas à le clasher publiquement. A l’instar de RETLAW aka LE MAUVAIS BB qui dans ses posts sur facebook n’hésite pas à lui rappeler que sa carrière a été enterrée avec la petite ERICA dont la mort est survenue involontairement dans un accident causé par l’artiste.

    post du mauvais bb sur Tenor

    Il va plus loin dans son disstrack intitulé « COUP D’ETAT » humiliant et traitant TÉNOR de tous les noms d’oiseaux à coup de punchlines trash et aiguisés.

    « Coup d’état » RETLAW

    Chaque critique devient une pierre supplémentaire dans le mur qu’il peine à escalader. C’est le cas du rappeur ENJR qui reproche au SALAZAR de ne plus faire du rap, pire de ne plus assumer sa casquette de rappeur. C’est à coup de piques sur les réseaux sociaux que le rappeur de BEPANDA a déclaré la guerre à TÉNOR, lui obligeant à répondre…

    ENJR POST

    TENOR a bel et bien répondu aux piques d’ENJR par un disstrack mais l’a par la suite supprimé. Etait ce une bonne idée ? C’est certainement la question qu’il s’est posé après l’avoir posté. Profitant de cette ouverture, ENJR enchaîne des disstrack à l’endroit de MENGOUMOU…

    « MENGOUMOU » disstrack

    Le public, quant à lui, affiche une insatisfaction palpable ; ses performances jadis acclamées, semblent désormais manquer d’étincelle qui les rendait uniques. Les concerts, autrefois des moments de communion, se raréfient, laissant place à un silence inquiétant. Les chansons qui devraient être le reflet de son âme, sonnent désormais comme un écho de ce qu’il a déjà fait. La créativité semble fléchir, et la peur de tomber dans la routine le hante. Les collaborations de haute facture deviennent inexistantes. Le plafond de verre, ce symbole des barrières invisibles dans l’industrie musicale, lui apparaît plus solide que jamais. Comment briser ces chaînes qui l’empêchent de s’élever ?

    Dans ce tourbillon de doutes, des questions cruciales émergent : quel est l’état psychologique de TENOR à date ? La pression des attentes, la peur de l’échec, et la solitude d’être « seul contre tous » pèsent elles lourdement sur ses épaules? Se remettre en question devient il une nécessité? Ses projets futurs, ses ambitions, semblent ils flous? Qui pourra l’aider à retrouver son essence, à raviver la flamme créative qui l’a propulsé au sommet ? Face à cette adversité, envisage t’il de constituer un nouveau staff si ce n’est déjà fait? Mais sera-t-il à la hauteur de ces défis ? La route est semée d’embûches, mais peut-être que cette période de remise en question est aussi une occasion de renaissance. Chaque épreuve, chaque clash, chaque critique, pourrait devenir une source d’inspiration pour le natif de MENGANG qui semble avoir perdu le sourire.

    TENOR « Besoin de sourire »

    Pour TENOR, l’heure n’est pas seulement à la survie, mais à la réinvention. Il doit trouver en lui la force de surmonter ces obstacles et de se rétablir. Peut-être que dans cette lutte, il découvrira un son nouveau, une approche différente, et, finalement, une version de lui-même à la hauteur des défis qu’il doit relever. « Seul contre tous », mais déterminé à renaître de ses cendres, il pourrait bien transformer sa douleur en art, redéfinissant ainsi son propre récit. A suivre…

  • INBOX – TAPHIS part 2

    INBOX – TAPHIS part 2

    Pour cette deuxieme partie d’INBOX avec TAPHIS, Retour sur les conditions de production et de gestion de la carrière de ténor – sur l’implication de Dex Willy dans la carrière de ténor – Bilan de la carrière de tenor – l’état des lieux de la carrière de tenor – l’idée de passer la main de la gestion de carrière de tenor à d’autres professionnels de la musique – Le cas Mbekool…

    INBOX -TAPHIS

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  • INBOX – BOP DYLAN & LE DIABLE DE TASMANIE part 2

    INBOX – BOP DYLAN & LE DIABLE DE TASMANIE part 2

    Bop Dylan est la parfaite illustration de ce que la nature a horreur du vide. Il a organisé « DANS LE VAN » une compétition de détection de talents dans le rap, jusqu’à la finale. Curieux pour un tiktokeur camerounais dont la ligne éditoriale porte sur l’amour et autre autres challenges sur tiktok. Dans cette deuxieme partie il est avec le DIABLE DE TASMANIE, le vainqueur de la la premiere saison de la compétion de détection de talent « DANS LE VAN ». Avec eux on aborde les questions sur l’avenir du projet et de l’artiste !

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