Vous écoutez et fredonnez certainement certaines de leurs chansons sans véritablement savoir qui ils sont et surtout à quoi ils ressemblent. Cliquez sur ce lien YouTube pour vous rafraichir la mémoire: (52) Beri Boys Club – On Fonctionne (Clip Officiel) Ft Orock, Djibril’zer, Hookah & Tasse – YouTube

Beri boys Club

À première vue, Beri Boys Club ressemble à ces histoires urbaines qui naissent dans un quartier, font un peu de bruit, puis s’éteignent. Mais dès que l’on écoute leurs morceaux, que l’on voit leur esthétique, que l’on observe la manière dont les jeunes de Douala se reconnaissent en eux, on comprend qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus grand. Ils viennent de Bonaberi, ce côté brut, vivant et incandescent de Douala où la musique n’est pas un luxe mais un langage. Et à partir de cette matrice-là, quatre garçons Orock, Djibril’zer, Hookah et Tasse ont réussi à créer un phénomène qui dépasse largement les frontières de leur quartier d’origine. Moi je les découvre avec cette chanson de « SOKOTO » il y’a un an, avec ce sax qui s’inspire d’une chanson de Charlotte Dipanda Beri Boys Club – Sokoto (Official Video) Ft Orock, Djibril’zer, Hookah, Tasse

Ce qui frappe immédiatement chez Beri Boys Club, c’est la complémentarité naturelle de leurs voix. Rien n’y paraît forcé, rien ne sonne calculé. Ils chantent comme s’ils conversaient entre frères, glissant du français au camfranglais, passant parfois par le pidjin ou le Douala; du chant à la récitation rythmée, du rap murmuré à la mélodie ouverte. Orock apporte la chaleur et la puissance, Djibril’zer découpe les mesures avec une précision presque insolente, Hookah transforme n’importe quelle phrase en hook mémorable, et Tasse vient poser la douceur, la retenue, l’émotion. Ensemble, ils forment un groupe à la fois équilibré et imprévisible, où chaque voix devient essentielle à l’édifice sans jamais écraser les autres. Édubé

Musicalement, ils incarnent quelque chose de rare: une hybridation totale entre les codes locaux et l’imaginaire global. Leurs chansons mêlent percussions camerounaises, guitares Afropop, basses inspirées de l’Amapiano, structures pop internationales et une touche trap qui modernise l’ensemble. Ce n’est ni du makossa modernisé, ni du rap adouci, ni de l’Afrobeats cosmétique. C’est un langage propre, une pop urbaine camerounaise qui peut jouer dans n’importe quel pays francophone sans perdre son accent originel. Ils ont compris que la modernité n’est pas l’imitation, mais l’extension de ses propres racines.

Le succès de “On fonctionne” en est l’illustration parfaite. Ce n’est pas seulement un hit ; c’est une phrase devenue rituel social. Dans les taxis, sur TikTok, dans les lycées, dans les soirées, tout le monde le fredonne avec un sourire complice. La chanson a transcendé son statut de single pour devenir un mot de passe générationnel, la bande-son d’un quotidien fait de débrouille, d’ambition, d’imprévu et d’espoir. Et quand on explore le reste de leur discographie “Canada”, “Nous Deux”, “Kado”, Waka Waka“ on découvre une cohérence, une sensibilité et une maîtrise qui confirment qu’ils n’ont rien d’un phénomène éphémère.

Leur esthétique visuelle joue elle aussi un rôle déterminant. Beri Boys Club n’ont pas un style: ils sont un style. Ils n’essaient pas d’être à la mode; ils créent la mode en restant eux-mêmes. Leurs visuels sont remplis de toits de Bonaberi, de ruelles poussiéreuses, de terrains vagues, de lampadaires orangés, de motos et de visages familiers. Ils ont cette allure de cool kids africains qui ne posent pas vraiment, mais qui captent la lumière sans effort. Leurs vêtements  vestes varsity, t-shirts oversize, sneakers impeccables  racontent un mélange de rue, de sport, d’ambition et de simplicité. Tout chez eux respire la vérité, et c’est précisément ce qui les rend irrésistibles.

Sur scène, la magie devient palpable. Lors de leur grand concert à Bonaberi, le public chantait tout, absolument tout  même les chansons pas encore sorties. On avait l’impression d’assister à un moment fondateur, à un quartier entier qui portait ses enfants sur les épaules. Ce n’était pas seulement un spectacle; c’était une consécration collective. Depuis, ils enchaînent les showcases, les festivals ( Douala Music’Art Festival ) les premières parties, les passages médiatiques. À chaque apparition, ils semblent plus sûrs, plus fluides, plus entiers. Comme s’ils savaient qu’ils courent vers un destin qui les dépasse, mais qu’ils sont prêts à l’assumer.

Beri Boys Club arrive aussi dans un contexte particulier. La scène francophone africaine cherche depuis longtemps un boy band authentique, qui ne soit ni un copier-coller d’esthétiques étrangères, ni un produit trop formaté pour résister à l’épreuve du temps. Eux apportent exactement ce qu’il manquait : la fraîcheur, l’énergie, la camaraderie, mais aussi l’écriture, la musicalité, la sincérité. Ils ont cette combinaison rare où l’on sent à la fois le quartier et l’avenir, la rue et les charts, le local et le global. Ils représentent ce moment précis où un mouvement culturel quitte le stade de l’intuition pour devenir une évidence. Aujourd’hui, tout indique qu’ils sont sur une trajectoire ascendante. Les plateformes les mettent en avant, les jeunes les adoptent, les médias en parlent, les professionnels les observent. Leur musicalité est solide, leur identité est claire, leur communauté est réelle, leur vision commence à se structurer. On ne sait pas’ encore jusqu’où ils iront, mais tout laisse penser que la francophonie musicale n’a pas fini d’entendre parler d’eux.

Au fond, Beri Boys Club n’est pas seulement un groupe issu de Bonaberi. Ils en sont la fierté, l’écho, la continuité. Ils sont la preuve qu’à Douala, même dans les ruelles les plus modestes, peuvent naître des étoiles capables d’éclairer un continent entier. Et ce qui frappe dans leur ascension, c’est cette impression qu’ils rendent tout cela facile, presque naturel, comme si devenir le plus grand boys band d’Afrique francophone n’était qu’une conséquence logique du fait d’être, tout simplement, eux-mêmes. Cette authenticité, justement, ne passe pas inaperçue : ils attirent déjà l’attention de labels internationaux, et collaborent avec Monda Life du DJ Jeune Lio ainsi qu’avec le label EMPIRE pour la distribution et la commercialisation de leurs projets  preuve supplémentaire que leur lumière dépasse désormais largement les frontières de Bonaberi. #Beritotheworld

by Walter Ebelle Eboumbou, MBA pour Fidjil.com

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