Dans les rues animées de Westlands les soirs de weekend, il suffit de tendre l’oreille pour comprendre que la jeunesse kényane a depuis longtemps dépassé les frontières linguistiques. Dans les clubs comme dans les campus, les refrains de certaines musiques francophones s’invitent régulièrement au milieu des hits nigérians, tanzaniens, sud-africains ou Us. Une preuve vivante que la Gen Z du Kenya, s’est choisie de nouveaux héros venus du monde musicale francophone africain depuis plusieurs années déjà, mais surtout du KONGO.

Westlands – Kenya

Difficile de passer à côté d’Innoss’B, cette jeune star de la musique congolaise originaire de Goma, qui a conquis Nairobi grâce à son tube Yope Rmx avec Diamond Platnumz. Le morceau déjà culte est devenu un hymne dans les soirées Kenyanne. En avril dernier, son concert à Kahawa Sukari a rassemblé une foule compacte, composée majoritairement de jeunes de 18 à 25 ans. Un concert qui a connu un immense succès et qui lui a permis d’assoir son influence auprès des mélomanes kenyans.

Innoss’B Ft Diamond Platnumz – Yope Remix (Official Music Video)

Plus expérimenté, mais toujours aussi pertinent, Fally Ipupa reste l’une des têtes d’affiche francophone préférées des Kényans. Ses shows à Uhuru Gardens attirent un public intergénérationnel, avec davantage une présence massive de jeunes. Sa recette ? Un mélange de rumba revisité, de ndombolo et d’afropop qui colle avec les codes actuels. Les DJs de Nairobi ne s’y trompent pas. Ses morceaux figurent dans toutes les playlists de clubs et des Bars. Impossible de participer à une soirée sans écouter un de ces tubes.

Fally Ipupa – Alliance (Clip Officiel)

Dans un tout autre registre, Ya Levis a su séduire la Gen Z avec ses sonorités R&B teintées de rumba. Son passage remarqué au Raha Fest a confirmé son statut de chouchou des jeunes kenyans. Ses refrains romantiques résonnent dans les couloirs des campus, où l’on fredonne Katchua ou Mbangu. Pour beaucoup, il incarne la modernité francophone, élégante et dansante.

YA LEVIS – #Katchua (CLIP OFFICIEL)

Venue du Mali mais installée en France, Aya Nakamura est la preuve qu’un refrain peut franchir toutes les frontières. Ses morceaux largement partagés sur TikTok, séduisent les ados et jeunes adultes kényans qui n’hésitent pas à reprendre ses chorégraphies. Sa chanson Copines s’est retrouvée récemment dans le top Shazam au Kenya, un indicateur clair de son rayonnement auprès de la Gen Z.

Aya Nakamura – Copines (Clip officiel)

Ferre Gola complète la liste. S’il attire un public plus large, ses morceaux retravaillés par des DJs kényans trouvent un second souffle dans les clubs fréquentés par les jeunes. Sa présence à Nairobi lors de festivals confirme que la rumba, même revisitée, reste un socle culturel fort qui séduit les nouvelles générations. Des soirées d’écoute des chansons de cet artiste sont organisé par des fans kenyans, qui apprécie bien ces mélodies et sa voix.

FERRE GOLA – Amour illusoire (Official Music Video)

Petit à petit, Dadju se taille une place auprès de la jeunesse kényane. Sa voix douce et ses ballades romantiques séduisent particulièrement un public féminin. Ses morceaux circulent beaucoup sur les plateformes de streaming et dans les playlists “love songs” des étudiants. Dans les clubs, Bob Marley ou Jaloux commencent à être repris par les DJs locaux.

DADJU – Bob Marley (Clip Officiel)

Derrière Dadju, son frère Gims s’impose aussi parmi les artistes francophones les plus joué au Kenya. Ses collaborations avec des artistes d’expression anglophones ou d’Afrique anglophone lui ont permis de dépasser les barrières linguistiques. Des titres comme Bella ou Sapés comme jamais résonnent régulièrement dans les soirées kényanes. Les organisateurs de festivals envisagent déjà de l’inviter à Nairobi, conscients que sa notoriété dépasse les frontières francophones.

GIMS – Sapés comme jamais (Clip officiel) ft. Niska

TayC gagne du terrain grâce à son univers afro-love, très apprécié de la Gen Z. Ses chansons pleines de sensualité et de groove, circulent abondamment sur TikTok et Instagram. Pour de nombreux jeunes, il incarne une modernité musicale où l’on peut passer du français à l’anglais sans effort. Les créateurs de contenus et danseurs se plaisent bien dans la représentation des chorégraphies qu’il propose dans certains de ces clips.

Tayc – Forévà (Visualizer)

Au fond, ce succès d’artistes francophones traduit un trait majeur de la jeunesse kényane : une curiosité sans frontières. Qu’importe la langue, pourvu que le rythme soit bon et que le refrain soit accrocheur. La Gen Z navigue sur TikTok, YouTube et Spotify sans se soucier des barrières linguistiques. C’est ainsi que des artistes venus de Kinshasa, ou Paris se retrouvent à enflammer Nairobi. La tendance ne devrait pas faiblir. Demain, d’autres noms comme Gaz Mawete ou Hiro pourraient bien venir compléter cette liste. Une chose est sûre : la scène kényane a désormais une oreille attentive au français, tant que la musique fait danser.

Par ADAMS VESSAH Crpdt fidjil.com Nairobi-Kenya

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