La Journée Mondiale de la Radio, célébrée chaque 13 février, met en lumière l’importance de ce média dans la société moderne. En 2026, le thème est connu: « L’IA est un outil, pas une voix », l’enjeu étant ici de concilier radio traditionnelle et innovations technologiques, tout en restant fidèles aux auditeurs, au vu de nouveaux défis actuels. En Afrique, et particulièrement au Cameroun, la radio a rapidement émergé comme un outil essentiel de communication, d’éducation et de divertissement. Sauf que celle ci au Cameroun, fait face aujourd’hui à de nombreux défis qui ne la relègue qu’au plan de juste relayeur, peinant à se réinventer, du moins c’est le sentiment que j’ai, ce sentiment que la radio au Cameroun ne s’écoute plus, ou alors qu’elle s’écoute de moins en moins… Je m’explique!

La Journée Mondiale de la Radio 2026

J’ai commencé la radio à RTM Radio et Nostalgie Cameroun au début des années 2000 avec une énergie incroyable. À l’époque, jeune animateur, je trouvais fascinant la manière dont les gens vivaient la radio et son mythe: elle rythmait l’espace public grâce aux grands rendez-vous diffusés partout dans les radios majors du pays. Ensuite, mes expériences à Equinoxe Radio, ABK et Sweet FM m’ont permis de présenter des émissions qui captivaient les auditeurs, au point qu’ils les suivaient avec une fidélité religieuse, une fidélité manifeste palpable dans mon quotidien. Les programmes spécialisés, surtout ceux consacrés à la musique et à la culture urbaine à cette époque là, ont joué un rôle clé dans la mise en avant du hip-hop camerounais et de ses artistes. Cela a créé une vraie dynamique qui peine à se maintenir face aux nouveaux défis que rencontre la radio aujourd’hui.

Moi producteur chez ABK Radio

La radio aujourd’hui au Cameroun fait face à des défis sans précédent. L’avènement d’Internet et des réseaux sociaux (principaux concurrents) a redéfini la consommation des médias. Les influenceurs, bloguers, tikokeurs et lanceurs d’alerte (Principaux concurrents des hommes de médias), avec leur accès direct aux auditeurs, prennent le devant de la scène, reléguant la radio à un rôle secondaire. Les radios et hommes de médias ne reçoivent plus d’exclusivités et scoops au détriment d’internet et de ses seigneurs. De plus, les difficultés d’adaptation et de mise à niveau, tant au niveau des contenus, des animateurs que des technologies, rendent la situation encore plus complexe. Conclusion les voix des animateurs portent peu, ou ne portent meme plus!

Tina & Carole (Deux animatrices camerounaises) ont abordé le sujet dans un live tiktok

Honnêtement, mon engagement envers la radio a diminué. D’ailleurs j’ai arrêté en partie à cause d’un sentiment de non-écoute. Les auditeurs semblent de plus en plus attirés par d’autres formats et plateformes, rendant mes efforts parfois vains. La qualité des programmes, souvent jugée insuffisante et des animateurs qui peinent à s’épanouir exacerbent ce désintéressement. Et que dire des radios aujourd’hui qui ne se réinventent pas, manquent de promptitude et de spontanéité dans l’info, pire, ne s’adaptent pas suffisamment aux nouveaux formats et modes de consommation. La qualité et le cout élevé d’internet n’aide pas non plus, sans compter le manque de matériels adaptés. De nombreux animateurs, frustrés par leur condition, se retrouvent à broyer du noir. L’absence de mesures d’audience, telles que la Médiamétrie, complique la tâche de comprendre les tendances d’écoute et d’ajuster les contenus en conséquence. Bref on n’écoute plus la radio, du moins , de moins en moins…

On air sur sweetfm

Mes pistes de solution.

Pour redonner un nouvel élan à la radio, j’ai pensé à plusieurs pistes qui peuvent être explorées :

– Créer des programmes interactifs et engageants qui répondent aux attentes des auditeurs modernes, en utilisant les nouveaux canaux de diffusion (facebook, tiktok,X, Insta, Youtube switch…), et surtout miser sur les formats podcast et ses canaux de diffusion. Ceci nécessite la création ou la mise sur pied d’un département spécial, une équipe indépendante chargée de faire ce boulot.

– Investir dans la formation des animateurs pour améliorer la qualité leurs émissions. Il est impératif que les animateurs se recyclent pour faire face aux nouveaux challenges, s’adapter à la nouvelle donne et produire un meilleur rendement .

-Collaborer avec des influenceurs et des créateurs de contenu pour attirer de nouveaux auditeurs, car ces derniers détiennent des exclusivités et des scoops qui échappent de plus en plus aux médias.

-Mettre en place une Médiamétrie, ou des systèmes de mesure d’audience pour mieux comprendre le comportement des auditeurs, des médias et des hommes de médias sur le paysage audiovisuel, un peu comme ce que font les réseaux sociaux en termes de chiffres, de statistiques et de performance.

fidjil

Pour la petite histoire

La radio est un moyen de communication qui utilise des ondes électromagnétiques pour transmettre des informations audio. Elle a vu le jour au début du XXe siècle, précisément en 1895 par le physicien et inventeur italien GUGLIELMO MARCONI. Il a ensuite perfectionné la télégraphie sans fil et réalisé la première liaison transatlantique en 1901, s’appuyant sur les travaux antérieurs de Hertz, Tesla et Branly. Son invention a révolutionné la manière dont les gens accédaient à l’information, permettant des échanges instantanés sur de vastes distances. Chaque 13 février, la journée internationale de la radio met en lumière l’importance de ce média dans la société moderne. Les objectifs de cette journée incluent la conciliation de la radio traditionnelle et des innovations technologiques, tout en restant fidèles aux auditeurs médias.

le physicien et inventeur italien GUGLIELMO MARCONI

Et vous? Ecoutez vous la radio aujourd’hui?

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