Le concert de Niska, l’une des figures emblématiques du rap francophone, devait être un événement marquant pour les amateurs de hip-hop au Cameroun. Cependant, l’absence remarquée des rappeurs locaux et d’autres artistes de la scène rap a soulevé des interrogations sur la place du rap dans la culture musicale camerounaise. Cet événement met en lumière une dévalorisation croissante du rap au Cameroun, au profit d’autres rythmes musicaux.

QUI EST NISKA?

Niska, de son vrai nom STANISLAS PINTO , est un rappeur et auteur-compositeur français d’origine congolaise , né le 6 avril 1990 à Évry, en France. Il s’est rapidement imposé comme l’une des figures incontournables du rap francophone grâce à son style unique et à ses collaborations avec d’autres artistes de renom.
Il a commencé sa carrière musicale dans les années 2010, d’abord en publiant des mixtapes et des singles. Il s’est fait connaître avec des titres comme « Résilience » et a commencé à attirer l’attention du public.
Son premier album studio, « Zifukoro », sorti en 2016, a connu un grand succès, avec des titres phares tels que « Réseaux », qui a été certifié single de diamant en France. Son deuxième album, « Commando », sorti en 2019, a également été très bien accueilli, atteignant la première place des charts.

Niska a vendu plusieurs centaines de milliers d’albums et de singles. Son album « Commando » a été certifié disque de platine en France. Sur les plateformes de streaming, Niska a accumulé des millions d’écoutes. Par exemple, son titre « Réseaux » a dépassé les 200 millions de vues sur YouTube, ce qui témoigne de sa popularité.

Il a collaboré avec de nombreux artistes, dont Damso, Booba et Koba LaD, ce qui a renforcé sa notoriété dans le milieu du rap. Il est reconnu pour son influence sur la scène rap française et pour avoir popularisé des styles de rap comme le « trap ». Ses paroles, souvent rythmées et accrocheuses, parlent de la vie quotidienne, de la réussite et des défis auxquels il est confronté.
Niska a également réalisé plusieurs tournées à guichets fermés, confirmant son statut d’artiste majeur. Ses concerts sont souvent des événements très attendus qui attirent un large public. Et dans ses tournées, le cameroun terre du rap en afrique francophone a été à trois reprises le théatre de ses concerts. Deux concerts en 2018 respectivement à Douala et Yaoundé, et le 21 décembre dernier au PAPOSY. Un concert qui a brillé par la mise à l’écart des rappeurs camerounais majeurs comme tête d’affiche.

Les têtes d’affiche présentes lors de ce concert, bien que populaires, n’ont souvent rien à voir avec l’essence même de la culture hip-hop. Les artistes invités, issus de genres musicaux variés tels que le mbolé, le bikutsi ou même des sonorités afrobeat, semblent éloignés des préoccupations et des réalités du rap. Cette incohérence soulève des questions sur la manière dont le rap est perçu par les organisateurs et le public. En choisissant de mettre en avant des artistes qui ne partagent pas l’identité culturelle du rap, on risque d’amoindrir l’impact et la portée d’un genre musical qui, pourtant, résonne profondément avec les jeunes générations.
On parlera de STANLEY ENOW & MAAHLOX LE VIBEUR comme têtes d’affiche, des artistes pop aujourd’hui qui ne se revendiquent plus être des rappeurs. Leurs derniers titres en date parlent d’eux même. Et même s’ils étaient considérés comme des rappeurs, sont ils assez représentatifs de la scene rap au cameroun à date?
Le rap, qui est né comme une voix de contestation et un moyen d’expression pour de nombreux artistes, se trouve ainsi marginalisé. Les rappeurs camerounais, qui abordent des thématiques telles que la lutte sociale, l’identité et les réalités de la vie quotidienne, peinent à obtenir la reconnaissance et l’espace qu’ils méritent. Les concerts, souvent dominés par d’autres styles musicaux, témoignent d’une tendance inquiétante : le rap, au lieu d’être célébré, est relégué au second plan.

Cette situation soulève des enjeux culturels et identitaires. Le Cameroun, riche de sa diversité musicale, pourrait très bien accueillir des événements qui mettent en avant à la fois les rythmes traditionnels et le rap, créant ainsi un dialogue entre les différentes générations musicales. Cependant, la prépondérance d’autres genres au détriment du rap témoigne d’une certaine méfiance envers ce dernier, peut-être perçu comme trop contestataire ou trop éloigné des valeurs traditionnelles. Les rappeurs de la nouvelle génération au cameroun devraient ils craindre pour leur avenir?

En gros, l’absence des rappeurs et même ceux de la new géné lors du concert de Niska met en exergue une dévalorisation du rap au Cameroun qui mérite d’être interrogée et relève d’une totale incohérence en phase avec un si grand nom de la scène rapologique francophone qu’est NISKA. Il est essentiel de reconnaître la richesse et la pertinence de ce genre musical dans le paysage culturel camerounais et de favoriser des initiatives qui permettent aux artistes de s’exprimer et de se faire entendre. La scène rap camerounaise mérite une place de choix, non seulement dans les concerts, mais aussi dans la conscience collective du pays…
Et si t’es pas d’accord, eh bah dis le moi en commentaires.


















